Quand je serai grande

Autant que je me souvienne, je ne me suis pas permise de me rêver autre que « travaillant dans un bureau, face à un ordinateur, sous les ordres d’un chef ». Ado, le must était de me visualiser en tailleur x chignon, latte à la main, en background le Transamerica Pyramid, downtown SF. J’avais des rêves de San Francisco, active et laid-back, ouverte et tolérante, romantique et éclectique. La Stéphanie emprisonnée derrière un masque formel, un carré strict à la VB ère Spice Girls, s’y sentait bien.

 

Est-ce les romcom que j’affectionne, la culture US omniprésente dans les 90s, le besoin de sécurité transmis par mes parents, qui ont influencé mon « moi dans 10 ans » d’alors ?

 

Le chemin tout tracé pour y arriver, une école de commerce international.

Mais concrètement ? Je ne savais pas très bien.

 

Je savais que j’avais une facilité pour apprendre les langues. Très tôt, mon oreille s’est habituée à switcher entre le français et le mandarin, et autant de dialectes chinois.

Je savais que j’adorais voyager, découvrir l’Autre, comprendre l’Histoire, explorer des chemins, m’y perdre.

Et c’est à peu près tout.

 

Alors les cours de finance, de droit commercial, de marketing… C’était intéressant, mais je n’avais pas le déclic. J’étais fascinée par celles qui se rêvaient chef de produit dans la cosmétique ou ceux qui se voyaient auditeurs dans des cabinets de renom. J’avançais sans savoir ce que je voulais, mais avec la conviction que c’était ce que je devais faire.

 

Ce que je devais faire, et non pas ce que je voulais faire.

 

Car ce que je voulais faire, je n’en avais aucune idée. Je ne m’étais jamais vraiment posée la question. Qu’est-ce que je voulais ? A quoi j’aspirais dans mes rêves les plus fous ? Le conseiller d’orientation… Dois-je vraiment en parler ?

 

J’ai avancé sur ce chemin tout tracé, qui me permettait autant de répondre au besoin de sécurité de mes parents, qu’à mon besoin d’embourgeoisement, aka d’intégration. Je parlerai plus longuement d’intégration, de désirabilité sociale dans une autre entrée.

 

Mes choix étaient donc guidés par un cadre de référence externe (MP PNL tmtc). Tant que mon match (MP PNL tmtc bis) maintenait le couvercle sur l’insatisfaction diffuse, tout allait bien.

 

Puis je suis devenue grande. Et je suis devenue maman. Je suis la maman qui souhaite plus que tout être un modèle pour sa fille et lui transmettre des valeurs pour qu’elle, quand elle sera grande, elle saura.

 

Mais comment transmettre quand on ne sait pas ?

 

 

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